1 – Apologie de l'excès
Black Swan : chef d'oeuvre absolu d'Aronofsky, intense et vénéneux. Natalie Portman, élevée en icône sexuelle, fragile, malade, déchire l'écran pour conquérir sa part d'ombre, dans la fièvre et dans le sang.
Tree of Life : transe mystique élevée au rang du cinéma, avec tout ce que cela comporte de rituels, de croyances et de bêtise humaine. Terrence Malick remonte le temps jusqu'à la source de ses mystères, sniffe la lumière et se perd dans l'aveuglant de l'inconnu.
Bilan : l'hystérie artistique, du côté de l'ombre ou de la lumière, est l'avenir du cinéma.
2 – Les méthodes inoffensives
A dangerous method : en s'emparant du mythe de Freud, Cronenberg semblait posséder son œuvre la plus profonde et tortueuse. Erreur d'analyse : le film, loin de Faux-semblants, préfère l'académique au magistral, la reconstitution d'époque à l'opéra halluciné. En se voulant didactique, il oublie que le cinéma est une pédagogie en soi. Reste le personnage de Jung, aux frontières du romanesque. Fassbender est l'acteur de 2011, loin devant Ryan Gosling.
Bilan : Aronofsky a tout bouffé, tout avalé du génie de Cronenberg et l'a tué.
3 – Nolan rises
The Dark Knight Rises : le film le plus attendu de 2012. Les premières minutes, ébouriffantes, ridiculisent Tom Cruise en montrant le nouveau méchant (Tom Hardy) s'évader d'un avion en plein vol. Beaucoup de buzz, d'effervescence pour une suite qui a peu de chances d'égaler le ténébreux, désespéré Dark Knight.
Bilan : la punition de la stratégie du bulldozer (Inception), c'est qu'il faudra taper toujours plus fort. Enfin une méthode dangereuse.
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